L'ADEME emménage enfin !

Angers_006
le nouveau siège de l'ADEME vu du Lac de Maine

28 août 2006
C'est un long feuilleton qui est en train de prendre fin. L'agence nationale pour le développement et la maîtrise de l'énergie (ADEME) s'apprête en effet à regrouper l'ensemble de ses salariés sur les plateaux de Grésillé dans des locaux précédemment occupés par Médéric (l'assureur est aujourd'hui installé dans les bureaux Cristallis de la gare). Un déménagement qui met un terme à un vieux serpent de mer.

Il faut remonter à l'année 1993 pour entendre parler concrètement du transfert de l'ADEME. A cette époque, le gouvernement vient d'enterrer le projet de nouvelle préfecture prévu au Front-de-Maine car jugé trop coûteux. Reste que ce superbe emplacement (un îlot central face au château) suscite bien des convoitises. Et c'est alors que l'on rend concrète la décision de délocaliser le siège de l'ADEME à Angers, délocalisation annoncée dès 1991. Le bâtiment se veut la vitrine de l'action de l'agence mais aussi de l'utilisation intelligente et écologique des nouveaux matériaux; le bâtiment prévu est donc à la hauteur. Labellisé "haute qualité environnementale" et ayant une ossature de bois, il a une surface de 10 000m2 et doit abriter pas moins de 300 bureaux. Mais les travaux sont sans cesse repoussés. L'abandon du projet est même évoqué.
En janvier 2001, on nous annonce que cette fois-ci le chantier va bel et bien commencer. Mais on ne voit toujours rien venir. Par la suite l'ADEME se décide et affirme qu'elle s'installera bien au Front-de-Maine. La municipalité reserve donc le terrain après avoir envisagé d'y construire le futur théâtre qui se fera donc à côté. Mais par la suite, l'agence décide de revoir son projet à la baisse. Jugé trop coûteux, il est alors abandonné. A l'ADEME en effet on a le soucis du denier public ! Il n'est désormais plus question de construire mais de s'installer dans des locaux déjà existant. On hésite alors entre les immeubles flambants neuf de la gare ou les locaux de Médéric. Le 7 juillet 2005, le conseil d'administration décide de racheter les locaux de Médéric sur les hauteurs du Lac-de-Maine. Une décision qui permet une économie de l'ordre de 20 millions d'euros par rapport au projet initial mais qui ne réjouit pas les syndicats. Ces derniers dénoncent "un éloignement du centre-ville et une dégradation des conditions de travail".
Du côté de la municipalité, la déception est grande également. Selon Jean-Claude Antonini, la décision a été prise "au mépris des collectivités locales". Il rappelle également qu'il s'agit du "deuxième manquement grave à la parole de l'Etat après l'épisode de la préfecture". La ville décide alors de ne pas verser à l'ADEME la subvention de un million d'euros pour l'installation du siège au Front-de-Maine, "Nous ne nous sentons plus liés par cet engagement".

L'ADEME va investir entre 7 et 10 millions d'euros pour la rénovation du site de grésillé qui accueillera non seulement les 250 salariés angevins (actuellement dispersés sur 4 sites) mais aussi son siège social. Le déménagement a lieu actuellement et met fin à plus de 15 ans d'incertitude. Quant au site du Front-de-Maine, il sert pour le moment au chantier de l'espace culturel "Le Quai". Quant à son avenir, nul ne sait de quoi il sera fait. Jean-Claude Antonini ne veut pas se précipiter et ne pas faire n'importe quoi sur cet emplacement de premier choix. Aussi les rumeurs d'installation d'un complexe hôtelier ont-elles été démanties. Une fois le chantier voisin terminé, le terrain sera remis à niveau et aménagé provisoirement pour le rendre plus agréable.