L'aéroport Angers Loire
est-il menacé ?

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Lundi 20 septembre 2010. L'aéroport Angers Loire est-il menacé de fermeture ? La question se pose désormais, après les récentes déclarations des élus nantais. Avec l'ouverture programmée de la structure de Notre-Dame-des-Landes, certains - dont le président du Conseil général de Loire Atlantique Patrick Mareshal - se prononcent pour la fermeture des petits aéroports... dont celui d'Angers. Des propos qui font bondir les élus angevins, et notamment Daniel Loiseau.

Le vice-président de l'agglo en charge de l'économie et de l'emploi accorde ce matin un entretien au quotidien Ouest France. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est remonté contre Patrick Mareshal: "de quoi se mêle-t-il ? Nous ne nous permettons pas de déclarer que tel équipement de Loire Atlantique doit vivre ou mourir. Notre aéroport a sa vocation et son utilité. L'an dernier, nous avons enregistré 22 400 mouvements, décollages et atterrissages, ce qui est loin d'être nul ! Nous voulons, par ailleurs, développer des lignes régulières. C'est peut-être ça qui le chatouille".

Daniel Loiseau tient à rassurer : les projets de lignes vers Londres et Bruxelles ne sont en rien menacés, bien au contraire. Ils iront à leur terme et verront bien le jour prochainement : "nous avons connu un trou d'air en 2009. La ligne régulière vers Southampton a été arrêtée. Mais Angers-Tunis fonctionne bien avec un taux de remplissage de 75%. Angers-Bruxelles démarrera, non pas fin octobre comme souhaité, mais le 14 février. La commercialisation a débuté. Quant à la liaison avec le coeur de Londres, quelques détails restent à caler pour une mise en route en décembre ou janvier. Nous projetons d'ouvrir d'autres lignes régulières avec de grandes villes européennes, en Allemagne, en Espagne ou en Italie".

Le projet d'allongement de la piste, permettant d'accueillier de gros porteurs, ne semble plus d'actualité pour le moment. Ce n'est en tout cas pas une nécessité pour Daniel Loiseau : "notre priorité porte sur le développement du trafic, avec des avions pouvant aller jusqu'à 100 places. La piste actuelle de 1 800 m est suffisante. Nous ne voulons pas de low cost, avec des coûts décuplés. Ryanair, ce n'est pas pour nous. Notre aéroport joue la proximité et offre bien des services : parking sécurisé et gratuit, enregistrement rapide, destinations bientôt multiples. Le tout sans stress !".

Alors, finalement, ne serait-ce pas le positionnement de l'aéroport angevin qui ferait peur aux élus nantais. Selon certains observateurs, Angers serait mieux placé que Nantes sur le plan géographique et en terme de zone de chalandise.  Le vice-président de l'agglo reconnaît le bon emplacement de la structure angevine : "certes, nous sommes bien placés. Pour autant, nous ne cherchons pas à concurrencer un aéroport international comme Nantes Atlantique ou le futur Notre-Dame-des-Landes. Nous avons la conviction qu'Angers-Marcé a une place spécifique, utile au développement économique et à la population.

L'entretien se termine sur une question que tout le monde se pose : quand l'aéroport angevin va-t-il enfin décoller ? Pour Daniel Loiseau, cet aéroport n'est pas 'un joujou" mais un outil de développement économique. "Tout compris, il coûte un peu moins d'un million d'euros par an. Rien que les retombées économiques des deux nouvelles lignes, vers Bruxelles et Londres, sont estimées à 2,5 millions d'euros. " Et le vice-président de conclure : "Angers-Marcé est indispensable".

Source : Ouest France - Photo : SGAAM