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24/09/08

Chantier

Exceptionnel : dix sarcophages
découverts place du Ralliement

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Mercredi 24 septembre 2008
Dans le cadre des travaux du tramway, les archéologues de l'institut national de recherche préventive viennent de faire une découverte exceptionnelle, en haut de la place du Ralliement : dix sarcophages, dont deux d'enfants, en parfait état, et tous regroupés dans la nef de l'ancienne église Saint-Maurille. Ils dateraient du Vème ou du VIème siècle après Jésus-Christ. 

L'attention des archéologues a été attirée par un sarcophage plus grand et deux fois plus large que les autres, et placé à mi-chemin entre les deux murs de la nef. La marque d'une sépulture importante pour une personne "d'exception". Il s'agit probablement du sarcophage d'un évêque, peut-être celui de Sait-Maurille (premier évêque d'Angers), ces prélats n'étant enterrés à la Cathédrale qu'à partir du XIIe siècle. Les archéologues vont entamer une phase d'identification qui devrait durer un mois. Une quinzaine d'autres pourraient être trouvés dans ce périmètre, qui va du haut du parking à la pharmacie. Un système de gardiennage va être mis en place autour du site. Cette découverte ne devrait pas, à priori, modifier le planning des travaux du tramway.

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25/07/08

Culture

Le cirque-théâtre,
la première salle multifonction d'Angers

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De 1866 à 1962, la place Molière fut le siège d’une construction circulaire, le cirque-théâtre, véritable salle « multifonctions » de l’époque. Angers avait une belle salle de spectacle, inaugurée en 1825 sur la place du Ralliement. Or, dans la nuit du 5 décembre 1865, un incendie la réduit en cendres. Deux particuliers, Morel et Racine, saisissent l'occasion pour présenter au maire le projet d'un cirque-théâtre, formule architecturale habile et économique qui permet de disposer, selon les besoins du jour - comme dans certains amphithéâtres gallo-romains - d'une scène ou d'une arène. Ils n'en sont pas à leur coup d'essai, venant de réaliser le cirque-théâtre de Tours, où Racine est architecte. Moyennant concession gratuite par la ville d’un terrain place Molière pour une période de quinze ans, l'eau et le gaz pour les représentations étant gratuits, Morel et Racine s'engagent à construire en quatre mois un bâtiment fait de matériaux légers : ossature en bois remplie de briques de couleur formant damiers décoratifs, toiture en ardoises, lanternon en zinc. Les bénéfices de l'exploitation les rembourseraient et au-delà. Traité conclu le 5 mai 1866.

Le cirque-théâtre est inauguré le 10 novembre 1866 par un concert. On ne pouvait mieux espérer : si le confort laisse à désirer, l’acoustique se révèle merveilleuse. Dans sa version cirque, le bâtiment accueille 1 600 personnes autour d'une piste de treize mètres de diamètre. Donne-t-on une pièce de théâtre ? Un parterre de 400 places porte sa capacité à 2 000 personnes. La formule du cirque-théâtre connaît un tel succès en France que vingt-quatre autres cirques se sont élevés dans les principales villes. Très vite, celui d’Angers devient la salle la plus populaire de la ville : populaire par le succès, mais aussi par la fréquentation. Elle abrite toutes les manifestations que l’on ne veut, ni ne peut, organiser au « Grand Théâtre » : spectacles légers, revues de music-hall, variétés, cirque, mais aussi opérettes et théâtre, conférences, meetings politiques, cinéma (la première salle d’Angers), sport, distributions des prix des écoles publiques… C’est par excellence la salle de « distraction d’une grande partie du bas de la ville ».

Si la « bonne société » regarde à aller « s’encanailler » place Molière, en revanche elle s'y rend en force pour les concerts. De l'avis unanime, le cirque-théâtre est comme « une boîte à musique », tant son acoustique est parfaite. Les concerts y deviennent réguliers à partir du 21 octobre 1877, date du premier concert de la nouvelle Association artistique des concerts populaires. Toujours de très grande qualité, donnés tous les dimanches à 13 h 30 jusqu'en 1893, puis tous les quinze jours, les concerts populaires sont très suivis.

Le premier janvier 1899, le cirque-théâtre est racheté par la ville. Désormais, il est exploité par le directeur du théâtre municipal. L'année suivante, 30 000 francs sont affectés à sa restauration qui se termine en 1912 par la reconstruction en dur du bâtiment de scène et par l'électrification en 1916. Jusqu'en 1939, le cirque-théâtre abrite les spectacles les plus variés, mais déjà les cirques l'ont délaissé : ils voyagent beaucoup plus et possèdent leurs propres installations, démontables. La démolition du cirque de la place Molière est envisagée – sans suite – dans l’entre-deux-guerres. Lors de la discussion du plan d'aménagement de la ville en 1934, on évoque son remplacement par une salle des fêtes. La seconde guerre mondiale lui est fatale. C'est le reflux de ses activités. Le cirque-théâtre tombe bien bas. Pour des raisons de chauffage, les concerts populaires l'abandonnent en mars 1941. Doriot, partisan de la collaboration avec les Allemands, y donne une conférence en avril 1942. Après les bombardements de mai 1944, le cirque sert de morgue. Relégué au rang de simple salle pour des répétitions de la musique municipale ou pour les exercices sportifs des écoles, le bâtiment tombe sous la pioche des démolisseurs en mai-juin 1962.

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30/12/06

Série documentaire

Angers vue par les écrivains (3/3)

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La Doutre: église de la Trinité et place de la laiterie

Troisième et dernière partie de la série d'articles "Angers vue par les écrivains", proposée tout au long de ces fêtes de fin d'année.

René Bazin: "La Sarcelle bleue", 1892
"...Le faubourg franchi, des bouts de haie commencèrent à rompre la ligne des murs, et la campagne apparut: culture de maraîchers et vastes pépinières, où la ville enfonçait encore, ça et là, le coin d'une bâtisse neuve. Presque partout , des deux côtés de la route, des forêts minuscules d'arbres verts, des taillis, drus comme les poils d'une brosse, de noisetiers, de hêtres, d'érables, des groupes de jeunes maronniers levant leur bouquet de feuilles, comme des palmiers d'oasis, au-dessus des files naines de poiriers ou de fusains, tout cela coupé en carré par des fossés sans herbes. (...)
Bientôt, le vieux mur d'ardoise crevassé, auquel la mousse servait de ciment, et que couronnaient des girofles défleuries, étendit son ombre sur la route. Vers le milieu, deux piliers de tuffeaux, surmontés de chapiteaux, encadraient un portail massif, hérissé de clous formant des arabesques et décoré d'un pied de sanglier. De toutes parts les branches débordaient en ourlets verts l'arête de la pierre. Mêle à ceux qui passaient, le domaine donnait l'impression fugitive de la paix..."

Chanoine Civrays: "Angers après la tourmente", 1944
"Avant la catastrophe, il y a cinq ans à peine, Angers était une de ces villes heureuses de province, où dans un décor ancien et charmant, la vie, bien qu'un peu plus nerveuse et secouée qu'autrefois, reste encore délectable et très douce. C'est des côteaux de Pruniers qu'il faisait bon la voir. Là, comme d'un promontoire, dans la belle lumière d'un après-midi d'automne, on l'apercevait, posée sur ses prairies, avec ses clochers et ses tours, et au centre la masse plus sombre de son château, fine et précise telle la miniature d'un vieux livre. Dans le lointain ses toits d'ardoise luisaient au soleil; un grand ciel d'un bleu léger infiniment doux où roulaient quelques gros nuages blancs s'étendait au-dessus d'elle.
Sa vue faisait songer non seulement au Plantagenêts qui furent ses premiers princes mais au Roi René et aux Valois. Elle apparaissait vraiment la capitale de ce beau jardin français qu'est l'Anjou. Cette gaieté du jour, ce silence, cette paix sur le clair paysage, cette image de délicate beauté attendrissaient le coeur comme une peinture de Jean Foucquet ou comme un sonnet de notre Du Bellay. Et à qui l'abordait de plus près, c'était même impression de mesure, d'harmonie et de calme bonheur."

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23/12/06

Série documentaire

Angers vue par les écrivains (2/3)

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Suite de la série consacrée au regard des écrivains sur Angers avec, cette semaine, ceux qui ne l'ont pas aimée.

Henry James: "A little Tour in France", 1877
"Angers appartient à cette désagréable catégorie des vieilles villes qui ont été, comme on dit, "retapées". Ce n'est pas l'ancienneté du lieu, c'est sa nouveauté qui frappe le touriste nostalgique aujourd'hui, tandis qu'il flâne avec irritation sur des boulevards de deuxième catégorie, cherchant vaguement autour de lui quelque pignon inexistant. "Angers la Noire", en bref, est une victime des améliorations modernes, indigne de son admirable nom - nom qui, comme celui du Mans, a toujours été, à mes yeux, hautement chargé de pittoresque (...) Angers occupe une place importante dans l'histoire primitive anglaise; elle était la capitale de la lignée des Plantagenêts...
Les faits engendrent une présomption naturelle sur l'aspect historique d'Angers, je les repassais dans ma tête dans le train qui m'amenait au Mans... Entre la gare et l'hôtel cependant, il devint évident que je n'aurais pas de prétexte pour passer la nuit au Cheval-Blanc. (...) Il est juste de dire que le château vaut en lui-même le pélerinage. Le seul inconvénient est qu'on en a fait le tour en un quart d'heure. On ne peut rien faire que de le regarder, et un bon coup d'oeil fait l'affaire. Il n'a ni beauté ni grâce ni détails, rien qui charme ou qui retienne. Il est simplement très vieux et très gros - si vieux et si gros que cette seule impression suffit, et il s'installe dans vos souvenirs comme un parfait spécimen de forteresse d'autrefois."

Louis Guilloux: "Le Sang noir", 1935
"Et par une sorte de perfection inverse, n'était-ce pas dans la ville de France - et peut-être du monde - la plus plate, que cette aventure avait pris naissance et s'était déroulée ?
Ville sans mystère, sous le plus niais des ciels: Angers. Ville de musique et de fleurs avait-on mille fois répété avant qu'il y allât, et lui, l'imbécile,il s'était fait des rêves, pour trouver en fin de compte la musique militaire et les fleurs militaires réunies au Mail! Assurément, la France n'avait rien de mieux dans le genre sordide que ce lieu tant vanté. Si Bordeaux était la ville où il avait le plus de chapeau hauts de forme, Angers était celle où il avait rencontré le plus de pardessus à cols de fourrure. Nulle part il n'avait vu de bourgeois plus infatués, de bourgeoises plus rigidement mornes. Pas étonnant si la contre-révolution vivait là en permanence!"

Julien Gracq: "La Forme d'une ville", 1985
"Le génie d'Angers - s'il y a un génie du lieu - m'a toujours paru être celui du confinement: son site mesquin, choisi à l'écart du fleuve, sur un affluent de médiocre calibre. (...) Centre administratif peu surchargé, plus riche de notaires que d'entrepreneurs, appareil digestif discret de la rente foncière (...), la cité des bords de Maine s'est aménagée pour les commodités douilettes d'une fin de vie cossue bien plutôt que pour le stress à l'américaine. (...) La ville a changée depuis mon enfance. Elle s'est animée; elle a troquée sa nonchalence presque paysanne pour une agitation de commande.
J'aime pourtant monter, à droite des douves du château, jusqu'à l'impasse exigu qui se termine en à-pic au-dessus des jardins de la Maine, établis sur l'emplacement de l'ancienne et laide rangée de maisons du quai. Le château, démoulé de frais, comme d'un moule à sable d'enfant, est la plus belle masse de maçonnerie aveugle que je connaisse en France, avec la cathédrale d'Albi. Devant les témoignages d'étrangers qui les visitent toutes deux pour la première fois, et que Nantes rebute autant qu'Angers les séduit, j'ai parfois l'impression d'être sans équité dans cette ville. Mais le sentiment persiste, plus fort que tout, je n'ai rien à attendre d'elle."

A suivre: René Bazin et Chanoine Civrays

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17/12/06

Série documentaire

Angers vue par les écrivains (1/3)
                                          

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le boulevard Foch à la fin du XIXème siècle

Je vous propose aujourd'hui la première partie d'une série consacrée au regard des grands écrivains sur Angers. Il y a ceux qui l'ont aimée et ceux qui n'en gardent pas un bon souvenir. En tout cas, notre ville ne les a pas laissé indifférents...

Stendhal: "Mémoires d'un touriste", 1837
"... C'est à Avranches ou à Granville que je fixerais mon séjour , si jamais j'étais condamné à vivre en province dans les environs de Paris. A la première vue de la question, l'on serait tenté d'aller s'établir au midi, vers Tours ou Angers, pour éviter la rigueur des hivers; mais la différence du degré de civilisation est de plus de conséquence que la différence de deux degrés de latitude. Il y a cent fois plus de petitesse provinciale et de curiosité tracassière sur ce que fait le voisin à Tours ou à Angers, qu'à Granville ou à Avranches. Il faut toujours en revenir à cet axiome: le voisinage de la mer détruit le petitesse."

Victor Hugo: "Voyages, France et Belgique", lettre à Adèle Hugo, 16 août 1834
"Je suis venu de Nantes à Angers par le bateau à vapeur. Les fameux bords de Loire sont plats et nuls, à cela près d'Oudon, d'Ancenis, de Saint-Florent et de quelques rochers çà et là. L'abord d'Angers est charmant, mais il apprtient à la Mayenne. Le bateau à vapeur est sale, puant et incommode. Entre autres incommodités, j'y ai rencontré Mme de Féraudy, tu sais? l'ancienne Mme de Féraudy, et il m'a fallu faire l'aimable. C'était diabolique. Pour comble, arrivé à Angers, comme j'allais voir la cathédrale, beau portail et beaux vitraux, elle s'est pendue à mon bras et force m'a été de lui servir de cornac. [...] Je n'ai fait qu'entrevoir Angers dans le crépuscule. Les vitraux et le portail de la cathédrale sont merveilleux, le vieux château est très beau, toute la ville est pittoresque. Je trouve que notre bon Pavie ne l'admire pas assez."

Michelet: Tableau de la France", 1833
"La noire ville d'Angers porte, non seulement dans son vaste château et dans sa tour du Diable, mais sur sa cathédrale même, ce caractère féodal. Cette église de Saint-Maurice est chargée, non de saints, mais de chevaliers armés de pieds en cap; toutefois ses flèches boiteuses, l'une sculptée, l'autre nue, expriment suffisamment la destinée incomplète de l'Anjou. Malgré sa belle position sur le triple fleuve de la Maine, et si près de la Loire, où l'on distingue à la couleur les eaux des quatre provinces, Angers dort aujourd'hui. C'est bien assez d'avoir quelque temps réuni sous ses Palntagenêts, l'Angleterre, la Normandie, la Bretagne et l'Aquitaine; d'avoir plus tard, sous le bon Roi René et son fils, possédé, disputé, revendiqué du moins les trônes de Naples, d'Aragon, de Jérusalem et de Provence, pendant que sa fille Marguerite soutenait la Rose Blanche et Lancastre contre York."

A suivre: Henry James, Julien Gracq et Louis Guilloux.

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26/08/06

Commerce

Le Palais des Marchands, premier grand magasin angevin

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Le Palais des Marchands au début des années 30 à l'angle
des rues Baudrières et Saint-Laud

Cinquante ans après l'ouverture de la Belle Jardinière, à Paris, Angers découvre son premier grand magasin. Le 29 octobre 1875, Rémy Chalouineau crée en effet le Palais des Marchands, un nom qui fait référence un hôtel particulier de la rue Baudrière. Il s'associe avec deux autres négociants angevins, Rémy Mondain et Louis Vollerit pour former une société destinée au commerce de nouveautés, établie 63 et 65 rue Baudrière dans la maison Chanlouineau.

Très vite le magasin prospère et s'affiche dans la presse dès 1876 comme "les plus vastes magasins de nouveautés d'Angers". On annaonce la construction d'une grande galerie destinée à la vente de tissus d'ameublement, ainsi que deux salons de confection pour dames. Six nouvelles galeries sont inaugurées le 20 octobre 1879. Toute la ville en parle. "Ce qui mérite d'être signalé, ce sont les dispositions prises pour donner aux nouvelles galeries l'espace et la clarté nécessaire, ainsi que les dimensions énormes que l'on peut voir aujourd'hui" (Journal du Maine-et-Loire, 4 octobre).
C'est une révolution dans le commerce angevin. D'importants stocks sont achetés, quelquefois de deuxième choix, et vendus à très bas prix. Le Palais des Marchands se diversifie et ouvre un magasin annexe consacré aux meubles dans la rue Baudrière qui connaît une certaine effervescence lors de l'innauguration de mars 1880. C'est en effet le premier magasin éclairé à l'électricité. Une salle à manger en vieux chêne est alors vendue à 395 francs, sachant q'un cantonnier de la mairie gagne alors entre 850 et 1000 francs par mois.Un bon marché qui s'explique par le fait que les meubles soient produits dans les ateliers mêmes du magasin.

Immédiatement après, les propriétaires réorganisent complètement les comptoirs de costumes et avetissent qu'ils feront pour les costumes ce qu'ils font pour les meubles: les prix - à qualité égale - seront moitié moins chers que dans les magasins spécialisés. Peu à peu Le Palis des Marchands occupe tout l'îlot situé entre les rues Baudrière, Cupif (parallèle à la Rue Plantagenêt) et de l'Epicier (future rue Jules Ferry, à l'emplacement de l'actuel centre commercial Fleur d'Eau).
Une nouvelle inauguration a lieu à grand renfort de "réclames" le 16 octobre 1882. Les nouveaux magasins s'étalent sur 6000m2, ce qui est colossal pour l'époque. "Les halls ne contiendront pas moins de cinquante mille pièces de tissus de toutes sortes [...] Les salons du prmeir étage seront remplis de toilettes nouvelles". Le succès est incroyable: "une animation extraordinaire régnait dans les rues d'Angers.La seule et unique cause de cette animation s'expliquait par l'inauguration des vastes magasins du Palais des Marchands". 9500 clients se précipitent aux neufs caisses. En souvenir, on leur distribue une chromolithographie figurant un paysage suisse.

Le succès angevin permet l'ouverture progressive de succursales dans dix villes de l'Ouest, de La Baule à Tours. Et c'est ainsi que prit corps la légende du Palais des Marchands, que le gigantesque incendie dans lequel il périt en 1936 devait encore attiser.
Par la suite, les Halles puis aujourd'hui Fleur d'Eau ont repris le flambeau.

D'après le récit de Sylvain Bertoldi, conservateur des archives d'Angers

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23/04/06

Commerce

Fleur d'Eau ou la renaissance des Halles

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Le 3 mai 2005, vous étiez des milliers à découvrir le nouvel espace commercial du centre-ville. Pourtant pendant plusieurs années le secteur de la République fut un peu le mal aimé des Angevins. C'est à l'emplacement actuel de "Fleur d'Eau" que, durant dix-neuf ans, le centre commercial des Halles a tenté de survivre. Et le terme n'est pas exagéré.

Si "Fleur d'Eau" a vu le jour, c'est bien parce que les Halles ne fonctionnaient plus. Elles ont pourtant eu leur moment de gloire. C'était en 1984, plus exactement le 14 mai. Ce jour-là le maire de l'époque, Jean Monnier inaugurait les Halles mettant du même coup fin au trou de la République. On ne tarissait pas d'éloge sur le nouveau centre: "une grande nef de verre et d'acier posée comme une libellule au milieu du plus vieux quartier de la ville", on louait "l'esthétique incontestable de l'ensemble". La verrière dérangea très vite les commerçants qui, dès l'été suivant, furent écrasé par une chaleur étouffante.

Plusieurs aménagements sont réalisés mais, après une décennie prospère que couronne en 1995 l'implantation d'une brasserie sur 400m2, les Halles péréclitent. Les fermetures se succèdent et le public les boude. La faute à qui ? Sans doute au concept du centre commercial qui propose un mixte alimentaire et non alimentaire, en clair un rez-de-chaussée avec des commerces alimentaires et un étage ayant une vocation aux activités de loisirs. L'architecture du site est aussi en cause: le centre est semi enterré et manque de visibilité et de clarté.

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le centre commercial des Halles

Le marché est devenu un no man's land, les Angevins ont perdu confiance en les Halles. Alors le 26 octobre 2000, le président de la Chambre de Commerce et d'industrie d'Angers laisse entendre que ce dossier des plus "ardu et compliqué" pourrait trouvé une issue des plus radicales. Après avoir un temps envisagé l'implantation d'un supermarché à l'emplacement des commerces vacants, décision est prise de restructurer entièrement les Halles. Tous les promoteurs consultés, s'ils louent l'emplacement (à quelques mètres de la cathédrale) et le stationnement du site (parking sous les Halles), préconisent la destruction car le lieu ne répond plus aux besoins actuels.

Un appel de projet est lancé et en juillet 2001, deux promoteurs sont enlices: la Sorif et Apsys. C'est ce dernier qui est retenu en novembre. Son projet est original, son centre commercial ne comprend pas de couloirs internes, tous les magasins ont un accès directs sur la rue, l'allée commerciale c'est la rue elle-même. Le promoteur annonce d'ores et déjà que des contacts sont noués avec de grandes enseignes.

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le nouveau centre commercial en chantier

Le 14 août 2003, le rideau tombe définitivement sur les Halles après un quatrième avis défavorable de la commission départmentale de sécurité. Les 42 propriétaires des Halles ont revendu leurs murs à Apsys, non sans difficultés eu égard au prix de rachat. Entre temps deux hôtes du futur centre se sont fait connaître: Monoprix, avec son concept citymarché et Planète Saturn, un spécialiste de l'équipement de la maison et des loisirs.

La démolition des Halles commence en mars 2004. Il ne faut alors qu'un an pour que le nouveau centre commercial sorte de terre. Le 1er avril, le nom est dévoilé: adieu les Halles, bonjour Fleur d'Eau. Cette appellation en déroute plus d'un, moi-même j'ai du mal à voir le lien avec le centre, mais selon les concepteurs il associe les Berges-de-Maine toutes proches à l'idée de beauté de la nature et de développement durable (cher au maire d'Angers Jean-Claude Antonini). Les autres enseignes sont elles aussi connues: les deux autre moyennes surfaces qui accompagneront Monoprix et Saturn sont H&M et GO Sport. Quatre enseignes inédites à Angers dans le but de faire revenir les clients dans le centre-ville, et notamment les jeunes, et de redynamiser ce secteur. Un restaurant (Comptoir de maitre kanter) et six boutiques (La Redoute, Nicolas, The Phone House, France Télécom, Atol Opticiens, Airaud et Subway) complètent l'offre. L'ensemble couvre au total 13 600m2 contre 4 200 auparavant.

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le centre côté place de la république

La ville en a profité pour réaménager les places et rues alentours, ainsi la circulation automobile est-elle supprimée sur la place Mondain Chanlouineau qui accueille désormais les terrasses des cafés.
Le centre commercial Fleur d'Eau est inauguré en grande pompe le 3 mai 2005 par Jean-Claude Antonini, le maire et Mairice Bansay le PDG d'Apsys. Même Gérard Depardieu y fait une apparition aussi brève que surprise.

Le lendemain le centre ouvre ses portes au public. Seul H&M avait joué les éclaireurs en ouvrant dès le 13 avril. Les Angevins viennent en masse et ce durant plusieurs jours. Chez Planète Saturn, on fait entrer les clients au compte goutte. L'engouement du public est de bonne augure pour le promoteur qui table sur 5 milions de visiteurs par an.

L'architecture quant à elle divise autant que le nom, certain estimant que le bâtiment s'insère mal dans son environnement. Pour ma part je trouve au contraire qu'il s'insère parfaitement: ses facades vitrées reflètent les bâtiments alentours, aucunes perspectives de la cathédrale n'ont été rognés.

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Fleur d'Eau côté place Mondain Chanlouineau

Le centre commercial Fleur d'Eau a donné un nouveau souffle au quartier République qui en avait grand besoin. L'animation commerciale s'est rapproché de la Maine mais cela ne profite pas encore à la place de la République et à la rue Baudrière qui restent à l'écart.

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22/04/06

Jardin

Il était une fois... le jardin du Mail

Le jardin du Mail situé en plein centre-ville, face à l'Hôtel de ville, est l'un des endroits les plus prisés des Angevins. Je vous invite à le découvrir ou à le redécouvrir à travers son histoire.

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le kiosque à musique et au fond l'ancienne mairie

D'abord d'où tient-il son nom ? Au XVIIè siècle, le vocable "mail" désignait un jeu où l'on utilisait un maillet pour pousser une boule de bois de buis. Puis sa signification a évolué. On jouait à ce jeu surtout dans les villes de la vallée de la Loire. C'est en 1616 que les échevins décidèrent de créer un jeu de mail aux portes d'Angers afin de procurer un délassement "honeste" à leurs habitants. C'est un aménagement coûteux. Un riche marchand de soie se propose de prendre tous les frais à sa charge moyennant une concession de 15 ans. Le jeu est inauguré le 30 avril 1617 après 3 ans de travaux par le gouverneur d'Anjou.
Mais l'enthousiasme qu'il suscite est de courte durée. Dès les années 1630, les joueurs se font rares. Le Mail devient alors une promenade. Ses abords sont élargis. En 1704, le Grand Mail est entièrment replanté et sonentrée ornée d'arcs monumentaux. A partir de 1829 est crée le Champ-de-Mars.
Dès 1823, le Mail acquiert encore plus d'importance puisqu'il sert de perspective naturelle au nouvel hôtel de ville installé dans l'ancien collège d'Anjou (voir photo ci-dessus en arrière-plan). En 1855, la ville fait l'acquisition du modèle de fontaine jaillisante de Barbezat, présenté à l'Exposition Universelle.

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La fontaine du jardin

Le jardin temporaire crée autour de la fontaine pour la 6eme exposition de l'industrie connait un tel succès que celui-ci devient définitif. L'élaboration de ce jardin est confiée à André Leroy, horticulteur. Le 15 mai 1859 le nouveau jardin ouvre au public. C'est un succès ! Il devient le lieu de rendez-vous et de promenade privilégié des Angevins .En 1877 on y érige un kiosque à musique, des statues de Mathurin Moreau et

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le kiosque à musique

du baron de Chemellier y sont installés, ainsi que des lions offert par un généreux horticulteur.

Aujourd'hui, ce jardin reste un lieu privilégié de promenade et un hommage grandeur nature aux fleurs et plantes qui l'ornent.

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